Quand reprendre l’entraînement après un marathon ?

C’est une question que bon nombre de coureurs débutant sur marathon peuvent se poser. Voici nos conseils.
Les marathons prolifèrent et de plus en plus de coureurs s’y attaquent. Si la préparation est déterminante pour s’atteler à la distance, la récupération post-marathon l’est tout autant. Que faire après un marathon, et quand reprendre l’entraînement ?
Comment s’est déroulé le marathon ?
«Au-delà de la performance, la récupération et la reprise sont surtout dépendants de la façon dont s’est passé le marathon, sur le plan physiologique et psychologique. On ne peut pas mettre en place un process type. Il faut s’adapter » entame Yannick Dupouy, marathonien (2h16’10’’ à Paris en 2013), coordinateur sportif de l’Us Talence (près de Bordeaux) où il officie également en tant que coach athlé santé –il entraîne une quarantaine de « runners ».
« Si ça s’est vraiment bien passé, la personne n’a pas envie de couper après. Il faut la forcer. Pour les joggeurs, c’est bien de faire une vraie coupure de quinze jours, ou une semaine off avec pourquoi pas de la récupération en kiné, puis une semaine avec un peu de natation ou de vélo. Pour un coureur de haut niveau, dix jours, ça peut le faire. Si ça s’est mal passé, on peut largement aller jusqu’à trois semaines, avec dix jours de repos complet et dix jours de reprise progressive ».
Surfer sur l’élan ?
D’aucuns peuvent surfer sur l’élan du marathon et disputer par exemple un 10 kilomètres le week-end suivant un marathon, voire les semaines suivantes. C’est ainsi que Sébastien Charnay, récent 3e des championnats de France de marathon, avait battu son record personnel sur dix bornes trois semaines après les France de marathon à Toulouse (2h23’13’’, médaillé de bronze, puis 30’45’’ à Vénissieux).
Néanmoins, une des athlètes qu’il entraîne a enchaîné avec réussite le marathon des villages (4h09’) et Marseille Cassis la semaine suivante (1h51’), deux courses exigeantes sur le plan musculaire (avec un seul footing de 40’ à faible allure entre les deux). Preuve que chaque cas est singulier…
Que faire à la reprise ?
Pour recommencer à solliciter progressivement l’organisme, faire d’autres activités après avoir observé dans un premier temps une période de repos peut-être intéressant. C’est de cette manière que Yohan Durand avait repris après son premier marathon à Paris (lire ici). Puis reprendre ensuite par la course à pied, progressivement.
« C’était aussi parce que çà s’était mal passé et que j’avais fini déshydraté. Ça (une fréquence cardiaque élevée) peut attester d’une fatigue latente après un marathon qui s’est mal terminé. Physiquement, ça avait duré deux mois et demi, et dans la tête, pendant quatre mois, j’avais eu des difficultés à faire des efforts. Il faut essayer de reprendre tranquillement sans se fixer d’objectifs trop précoces. Et faire de l’endurance fondamentale et attendre que le corps récupère si ça ne va pas ».
A l’inverse, après ses 2h16’10’’ l’année suivante en 2013, il se sentait « très très bien. Je voulais reprendre après dix jours, je n’étais pas fatigué la semaine suivant le marathon, sauf que c’est le tendon qui m’avait fait mal à la reprise (il avait ensuite été opéré) ».
Quels objectifs après un marathon ?
Faut-il rebasculer d’emblée sur un autre marathon ? Un objectif plus court ? « L’idéal est de régénérer et de rebasculer sur des objectifs un peu plus courts, car cela a un impact un peu moins important sur le métabolisme que de repartir sur une prépa marathon. Et psychologiquement, c’est aussi moins compliqué » relève celui qui fut sélectionné aux Jeux de la Francophonie en 2013 sur 10 000 m.
Certains coureurs enchaînent les marathons. C’est le cas par exemple de Gwenaëlle Chardon (« Je suis droguée de la course à pied. J’ai vraiment du mal à couper » explique t-elle), qui s’entraîne six fois par semaine et qui a disputé trois marathons entre quatre mois (Maraisthon en juin, Médoc en septembre et marathon des Villages mi-octobre, tous terminés entre 3h02’ et 3h05’) en s’appuyant essentiellement sur sa première préparation pour le Maraisthon.
Pour résumer, il n’y a pas de science exacte et chaque cas est spécifique. Mais, d’une manière globale, l’essentiel après un 42,195 km est de récupérer pleinement, aussi bien physiquement que mentalement.
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